Un olivier qui dépérit, c’est bien plus qu’un arbre qui s’éteint : c’est tout un patrimoine qui vacille. Longévité et robustesse ne suffisent pas toujours à écarter les menaces qui rôdent dans les vergers méditerranéens. La maladie de l’olivier, notamment la Xylella fastidiosa, peut frapper vite, fort, et sans prévenir, laissant les propriétaires démunis face à une hécatombe silencieuse. Vigilance et anticipation deviennent alors des armes indispensables pour préserver la santé de ces arbres séculaires.
Pour tenir à distance les maladies, certaines pratiques font office de remparts. Miser sur des variétés résistantes, entretenir ses arbres par une taille régulière, et opter pour des traitements phytosanitaires adaptés sont des réflexes de base. Mais rien ne remplace le regard attentif du propriétaire, capable d’identifier au plus tôt le moindre symptôme suspect, pour éviter qu’une maladie ne s’installe durablement et ne gagne du terrain.
Identifier les principales maladies de l’olivier
La première étape pour garder des oliviers vigoureux, c’est de reconnaître les maladies qui les menacent. Chaque pathologie a ses propres manifestations, et savoir repérer les signaux d’alerte fait souvent la différence.
Les maladies fongiques
Voici un aperçu des maladies d’origine fongique à surveiller de près :
- Œil de paon : provoquée par Spilocaea oleagina, cette maladie s’annonce par la présence de taches arrondies sur le feuillage. À terme, les feuilles touchées finissent par tomber. Un traitement à la bouillie bordelaise reste un choix éprouvé.
- Cercosporiose : ce champignon attaque principalement le feuillage, laissant des traces brunes et causant une défoliation massive. Une taille régulière et l’application d’un fongicide adapté sont de mise pour contenir l’infection.
- Tavelure de l’olivier : sous l’effet de Cycloconium oleaginum, des points noirs apparaissent sur les feuilles et les fruits. Un entretien soigné du verger limite la progression de cette maladie.
Les maladies bactériennes et parasitaires
Les infections bactériennes et les parasites constituent une autre catégorie de menaces bien réelles :
- Xylella fastidiosa : cette bactérie colonise les canaux de sève, entraînant un dépérissement accéléré de l’olivier. Aucun traitement curatif n’existe à ce jour : il faut miser sur la prévention et retirer sans tarder les arbres infectés.
- Mouche de l’olive : cet insecte pond ses œufs à même les fruits, provoquant leur chute avant maturité et affectant la récolte. Des pièges à phéromones, associés à des insecticides adaptés, permettent de limiter les dégâts.
Les maladies vasculaires
Enfin, certaines maladies attaquent directement le système vasculaire de l’arbre :
- Verticillose : due à Verticillium dahliae, cette pathologie se traduit par le flétrissement des feuilles et la mort progressive des rameaux. Alterner les cultures et choisir des variétés moins sensibles restent les stratégies les plus efficaces pour limiter les pertes.
Mettre en place des mesures préventives
Un verger bien soigné résiste mieux à l’adversité. Prévenir les maladies, c’est avant tout adopter au quotidien des gestes simples et efficaces.
Taille et élagage
La taille annuelle permet d’ôter le bois mort et d’aérer la ramure, limitant l’humidité et, par ricochet, la prolifération des champignons. Un arbre bien ventilé sera moins vulnérable aux maladies fongiques.
Traitements phytosanitaires
Certains produits protègent l’olivier de façon préventive. La bouillie bordelaise, à base de cuivre, reste une valeur sûre contre l’œil de paon et la cercosporiose. Il est recommandé d’appliquer ce traitement au printemps et à l’automne, avant l’apparition des symptômes.
Gestion de l’eau
Un arrosage maîtrisé joue un rôle considérable : trop d’humidité favorise les maladies racinaires, alors qu’un déficit affaiblit la résistance de l’olivier. Installer un système d’irrigation goutte à goutte permet d’ajuster précisément les apports en eau.
Rotation des cultures
Pour limiter la pression des pathogènes dans le sol, il est judicieux d’éviter de replanter des oliviers après des cultures sensibles comme le coton ou la tomate. Alterner les cultures permet de casser le cycle des maladies.
Surveillance et détection
L’inspection régulière du verger reste l’une des meilleures protections. Installer des pièges à phéromones aide à surveiller les populations de mouche de l’olive et à agir vite en cas d’infestation.
Julien Balajas, responsable du pôle agronomie au Centre technique de l’olivier (CTO), insiste sur la nécessité de maintenir des pratiques rigoureuses pour préserver la vitalité des vergers.
Appliquer des traitements curatifs efficaces
Parfois, malgré toutes les précautions, la maladie s’installe. Il faut alors agir sans tarder avec des traitements adaptés. Le Curatio, développé par Andermatt, à base de polysulfure de calcium, bénéficie d’une autorisation dérogatoire jusqu’au 6 juin 2024. Ce produit s’est imposé dans de nombreux vergers touchés.
Lutter contre les maladies fongiques
Face à l’œil de paon et à la cercosporiose, il existe des solutions ciblées :
- Curatio : à appliquer après la récolte et avant l’apparition des premiers symptômes pour une efficacité maximale.
- Bouillie bordelaise : ce traitement traditionnel reste un excellent complément grâce à ses propriétés protectrices.
Combattre les parasites
La mouche de l’olive figure parmi les ennemis les plus acharnés de l’olivier. Différents traitements permettent de limiter son impact :
- Pyrèthre naturel : ce produit d’origine végétale agit contre les insectes tout en préservant l’équilibre de l’environnement.
- Kaolin : pulvérisé sur la ramure, il forme une barrière physique qui empêche la mouche de venir pondre ses œufs.
Il est recommandé d’agir dès l’apparition des premiers symptômes pour contenir la propagation. Julien Balajas, du Centre technique de l’olivier (CTO), préconise de respecter scrupuleusement les protocoles pour garantir la pérennité du verger.
Un verger sain, c’est la promesse d’olives en abondance et d’une huile qui traverse les générations. À chaque propriétaire d’olivier de rester le gardien vigilant de ce patrimoine vivant.


